Cette page explique le fonctionnement du PER individuel : ce qu'il est, comment il se compose, quand et comment le débloquer, et quelle fiscalité s'applique à chaque étape. Elle a une vocation informative et ne constitue pas un conseil personnalisé : le choix d'ouvrir ou d'alimenter un PER dépend de la situation fiscale, patrimoniale et professionnelle de chaque personne.
Avant de choisir un montant de versement, il est souvent utile de partir d'un état des lieux de ses droits acquis. Notre page dédiée au bilan et à l'audit retraite détaille cette étape préalable.
Qu'est-ce que le plan d'épargne retraite ?
Le PER individuel est un produit d'épargne entièrement alimenté par les versements de son titulaire, sans participation d'un employeur. Il permet d'accumuler une épargne pendant la vie active pour obtenir, à partir de l'âge de la retraite, un capital, une rente viagère, ou les deux combinés (service-public.gouv.fr, vérifié le 18 juin 2026).
Le PER individuel peut prendre deux formes. Le PER bancaire, aussi appelé PER d'investissement, donne lieu à l'ouverture d'un compte-titres et doit être souscrit auprès d'un prestataire agréé pour le conseil en investissement. Le PER d'assurance donne lieu à l'adhésion à un contrat d'assurance de groupe, avec des supports en fonds euros et en unités de compte, dans un fonctionnement proche de celui de l'assurance-vie.
Tout particulier majeur peut souscrire un PER individuel, quelle que soit sa situation professionnelle : salarié, chef d'entreprise, travailleur non salarié, profession libérale, demandeur d'emploi ou retraité. Il n'existe pas de limite d'âge pour l'ouverture, mais la souscription requiert la capacité juridique. Depuis le 1er janvier 2024, l'ouverture d'un PER individuel pour un enfant mineur n'est plus possible (service-public.gouv.fr, vérifié le 18 juin 2026).
Les supports en unités de compte, proposés dans le PER d'assurance, présentent un risque de perte en capital : leur valeur évolue à la hausse comme à la baisse, sans garantie sur les sommes investies. Seuls les supports en fonds euros bénéficient d'une garantie du capital versé, nette de frais de gestion.
Comment fonctionne le PER individuel ?
Le PER individuel fonctionne par défaut en gestion pilotée : l'épargne est investie sur des actifs plus dynamiques lorsque le départ à la retraite est éloigné, puis progressivement réorientée vers des supports moins risqués à l'approche de l'échéance. Quatre profils existent, du prudent à l'offensif ; le profil équilibré s'applique par défaut si le titulaire n'en choisit pas un autre (service-public.gouv.fr, vérifié le 18 juin 2026).
Le plan est organisé en trois compartiments selon l'origine des fonds. Dans un PER individuel, seul le premier compartiment est mobilisé en pratique : il reçoit les versements volontaires du titulaire. Les deux autres compartiments, réservés à l'épargne salariale et aux cotisations obligatoires d'entreprise, ne sont alimentés qu'en cas de transfert d'un PER d'entreprise vers le PER individuel.
L'organisme gestionnaire doit informer le titulaire, dès l'ouverture, des caractéristiques du plan, de son mode de gestion et de sa fiscalité. Chaque année, il communique l'évolution du compte, la performance des investissements, le montant des frais prélevés et les conditions de transfert.
Le PER supporte plusieurs catégories de frais : frais sur versement, frais de gestion annuels et, pour le PER d'assurance, frais d'arbitrage lors d'un changement de répartition entre supports. Leur montant varie selon l'organisme gestionnaire et le contrat, ce qui justifie de les comparer avant toute souscription plutôt que de se fier au seul rendement affiché. Le transfert d'un PER vers un autre PER est gratuit après cinq ans de détention ; en deçà, des frais de transfert peuvent être facturés dans la limite de 1 % de l'épargne accumulée (service-public.gouv.fr, vérifié le 18 juin 2026).
Quels versements et quel avantage fiscal sur le PER ?
Les versements volontaires sur le PER sont libres, sans plafond en numéraire, et peuvent être ponctuels ou programmés. L'avantage fiscal, lui, consiste à déduire ces versements du revenu imposable de l'année, dans la limite d'un plafond annuel qui varie selon la situation professionnelle du titulaire.
Pour un salarié, le plafond de déduction correspond à 10 % des revenus d'activité nets de frais professionnels de l'année précédente, avec un maximum de 37 680 €, ou à 4 710 € si ce montant est plus élevé. Pour une personne sans activité professionnelle ou retraitée sans revenus d'activité, le plafond est fixé à 4 710 € (service-public.gouv.fr, vérifié le 18 juin 2026).
Depuis 2026, la part de plafond non utilisée peut être reportée sur cinq années, contre trois auparavant pour les plafonds antérieurs à 2024. Ce report profite en particulier aux personnes qui découvrent le PER tardivement dans leur carrière.
Un régime particulier s'applique aux travailleurs non salariés, dont le plafond de déduction obéit à des règles spécifiques précisées par le BOFiP. Compte tenu de la technicité de ce régime, tout chiffrage individuel doit être vérifié au cas par cas plutôt que déduit d'une règle générale.
À noter : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans restent possibles mais ne sont plus déductibles du revenu imposable (service-public.gouv.fr, vérifié le 18 juin 2026). Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement.
Au moment de chaque versement, le titulaire choisit s'il souhaite bénéficier de la déduction ou y renoncer. Ce choix conditionne directement la fiscalité applicable à la sortie du plan, détaillée plus loin sur cette page.
Quand et comment débloquer son PER ?
Le PER individuel est en principe bloqué jusqu'à l'obtention de la pension de retraite ou jusqu'à l'âge légal de départ, sauf survenance de l'un des cas de déblocage anticipé prévus par la loi. Ce placement est donc peu liquide : la sortie des fonds n'est ni garantie ni immédiate en dehors de ces situations.
À l'échéance normale, le titulaire choisit librement entre une sortie en capital, une sortie en rente viagère, ou une combinaison des deux, sauf s'il a opté de façon définitive pour la rente dès l'ouverture du plan.
Le déblocage anticipé, sous forme de versement unique, n'est possible que dans les cas suivants (service-public.gouv.fr, vérifié le 18 juin 2026) :
| Motif de déblocage anticipé |
|---|
| Décès de l'époux, de l'épouse ou du partenaire de Pacs du titulaire |
| Invalidité de 2e ou 3e catégorie du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou partenaire |
| Affection grave, handicap ou accident d'une particulière gravité touchant un enfant à charge |
| Surendettement du titulaire |
| Expiration des droits à l'assurance chômage, ou cessation de mandat social sans nouveau contrat de travail |
| Cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire |
| Achat de la résidence principale (les droits issus de versements obligatoires restent alors bloqués) |
La demande de déblocage anticipé s'effectue par lettre, de préférence recommandée, accompagnée d'un justificatif d'identité, d'un relevé d'identité bancaire et d'un justificatif de la situation invoquée.
Quelle fiscalité à la sortie du PER, en rente ou en capital ?
La fiscalité de sortie du PER dépend de deux paramètres : le mode de sortie choisi, rente ou capital, et le fait que les versements aient été déduits ou non du revenu imposable au moment de leur réalisation.
Pour les versements ayant été déduits, une sortie en rente est imposée à l'impôt sur le revenu selon les règles des pensions de retraite, avec un abattement automatique de 10 % dans la limite d'un plafond annuel par foyer. Une fraction de la rente est également soumise aux prélèvements sociaux, cette fraction dépendant de l'âge du titulaire au premier versement : 70 % avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % au-delà. Le taux des prélèvements sociaux applicable aux rentes versées à compter du 1er janvier 2026 est de 18,6 % (service-public.gouv.fr, vérifié le 18 juin 2026).
Toujours pour les versements déduits, une sortie en capital distingue deux parts. La part correspondant au cumul des versements est imposée au barème progressif de l'impôt sur le revenu, sans prélèvements sociaux. La part correspondant aux gains subit le prélèvement forfaitaire unique, dont le taux global est de 31,4 % pour les intérêts perçus à compter du 1er janvier 2026 (12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % au titre des prélèvements sociaux).
Pour les versements n'ayant pas été déduits, le régime est nettement plus favorable. En sortie en rente, seule une fraction de la rente est imposable, selon le même barème par âge que ci-dessus, et cette fraction supporte les prélèvements sociaux au taux de 18,6 %. En sortie en capital, la part correspondant aux versements est intégralement exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ; seule la part correspondant aux gains reste soumise au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.
Ce traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement. Il ne prend pas en compte d'éventuelles dispositions plus favorables applicables à certains versements de travailleurs non salariés, qui appellent une vérification spécifique.
Que devient le PER en cas de décès du titulaire ?
En cas de décès du titulaire avant le déblocage du plan, celui-ci est clôturé et les sommes épargnées sont versées aux héritiers ou aux bénéficiaires désignés dans le contrat, sous forme de capital ou de rente (service-public.gouv.fr, vérifié le 18 juin 2026).
Pour un PER bancaire, ouvert sous forme de compte-titres, les sommes transmises intègrent l'actif successoral et sont taxées selon la fiscalité de droit commun des successions.
Pour un PER d'assurance, la fiscalité de transmission se rapproche de celle de l'assurance-vie et distingue selon l'âge du titulaire au moment du décès :
| Âge au décès | Abattement | Taxation du solde |
|---|---|---|
| Avant 70 ans | 152 500 € par bénéficiaire | 20 % jusqu'à 700 000 € de quote-part taxable, puis 31,25 % au-delà |
| Après 70 ans | 30 500 € global, réparti entre bénéficiaires | Droits de succession selon le lien de parenté |
Pour une analyse plus détaillée du mécanisme de transmission propre à l'assurance-vie, qui partage plusieurs de ces règles avec le PER d'assurance, consultez notre page sur l'assurance-vie et la succession.
Le PER est-il adapté aux travailleurs non salariés et dirigeants ?
Le PER individuel est ouvert sans condition de statut professionnel, ce qui en fait un outil accessible aux travailleurs non salariés, aux professions libérales et aux dirigeants d'entreprise au même titre qu'aux salariés. Son intérêt pour ce public tient notamment à l'absence de couverture retraite obligatoire équivalente à celle d'un salarié, et à un plafond de déduction calculé sur des règles spécifiques renvoyant au BOFiP.
Le PER individuel se distingue d'un dispositif de protection sociale collective ou d'un contrat de prévoyance du dirigeant : il porte sur la constitution d'une épargne retraite, pas sur la couverture d'un risque (arrêt de travail, invalidité, décès). Un dirigeant ou un indépendant qui structure sa protection sociale gagne à examiner les deux volets ensemble plutôt que le seul PER isolément.
Pour un dirigeant salarié de sa propre structure, le PER individuel peut aussi se combiner avec un dispositif d'épargne salariale mis en place dans l'entreprise, selon la forme juridique et l'effectif de celle-ci.
Chez Cosedia Patrimoine, l'analyse d'un PER s'inscrit dans une approche qui associe la gestion de patrimoine et la protection sociale du dirigeant. Cette double lecture permet de replacer le PER dans l'ensemble des dispositifs disponibles pour un travailleur non salarié, plutôt que de l'examiner isolément.
Pour toute question sur votre situation personnelle, contactez le cabinet : cette page reste de nature informative et ne constitue pas un conseil personnalisé.
Sources officielles
- Service-Public.fr — fiche F36526 : « Plan d'épargne retraite (PER) - PER individuel », Direction de l'information légale et administrative, mise à jour du 18 juin 2026.
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, article 12 (relèvement du taux global des prélèvements sociaux sur les revenus du capital de 17,2 % à 18,6 %, applicable au 1er janvier 2026) — source citée par la fiche Service-Public ci-dessus et par plusieurs commentaires professionnels concordants ; le texte intégral de l'article n'a pas été relu sur Légifrance et mérite une vérification directe avant toute publication.
- Légifrance — Code monétaire et financier, art. L224-1 à L224-40 : définition, composition, gestion, disponibilité et transfert du plan d'épargne retraite.
- BOFiP — référence 1098-PGP : règles particulières de déduction applicables aux travailleurs indépendants (contenu détaillé à approfondir avant tout chiffrage individuel de plafond TNS).
- AMF — Règlement général, art. 325-12 VII : mention obligatoire sur le traitement fiscal.
Sources vérifiées le 7 août 2026.