Le terme « audit » est parfois utilisé de façon interchangeable avec « bilan patrimonial ». Sur cette page, les deux désignent la même démarche : un état des lieux structuré, distinct d'une simple discussion informelle sur vos placements, mais aussi distinct d'un audit légal au sens comptable ou d'une certification de patrimoine. Chez Cosedia Patrimoine, cette démarche s'appuie sur la certification ISO 22222 et le titre de Certified Financial Planner (CFP), qui encadrent la méthodologie du conseil patrimonial sans en faire un acte réglementé au sens de l'audit comptable.
À quoi sert un audit patrimonial ?
Un audit patrimonial sert à obtenir une vision d'ensemble de votre situation avant de décider d'une action : investir, transmettre, réorganiser vos contrats existants ou préparer un changement de vie. Beaucoup de décisions patrimoniales se prennent pourtant contrat par contrat, sans cette vue globale : un audit rassemble revenus, placements, dettes, biens immobiliers et situation familiale dans un même document, pour faire apparaître des incohérences ou des marges de manœuvre qui ne se voient pas quand chaque élément est examiné isolément.
Certains moments appellent particulièrement cette démarche : un changement professionnel, une entrée en fonction de dirigeant, une donation envisagée, un divorce, une succession à préparer ou simplement le sentiment que votre organisation patrimoniale n'a pas suivi l'évolution de votre situation.
Cette page a une vocation informative et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les leviers identifiés lors d'un audit dépendent entièrement de la situation individuelle de chaque personne, et seul un entretien permet de les qualifier avec précision.
Quelles sont les étapes d'un audit patrimonial ?
Un audit patrimonial se déroule en quatre étapes : la collecte des informations, l'analyse, la restitution sous forme de synthèse écrite, puis l'accompagnement à la mise en œuvre des actions retenues. Chaque étape s'appuie sur la précédente et la durée totale dépend du nombre de sujets à traiter.
La collecte est le premier entretien. Le conseiller recense vos revenus, vos charges, vos placements existants, votre patrimoine immobilier, vos dettes et votre situation familiale. Cette étape sert aussi à formuler vos objectifs : ce que vous cherchez à obtenir n'est pas toujours évident au premier abord, et le rôle du conseiller est de vous aider à le préciser.
L'analyse se fait ensuite en cabinet, à partir des documents transmis. Le conseiller croise les informations pour faire apparaître les points de vigilance : une fiscalité mal optimisée, une couverture prévoyance insuffisante, une répartition d'actifs qui ne correspond plus à votre horizon de placement, ou une organisation successorale qui n'a pas été revue depuis plusieurs années.
La restitution prend la forme d'un document écrit, remis lors d'un second entretien. Il présente l'état des lieux et les pistes d'action identifiées, hiérarchisées selon leur urgence et leur impact. Rien n'est décidé à ce stade : c'est un support de discussion, pas une prescription.
L'accompagnement intervient si vous souhaitez donner suite à tout ou partie des pistes évoquées. Selon les sujets, il peut nécessiter une coordination avec votre notaire, votre expert-comptable ou un autre professionnel déjà impliqué dans votre situation. Lorsque cet accompagnement débouche sur une recommandation portant sur un produit financier, celle-ci s'inscrit dans le cadre de l'évaluation d'adéquation prévue par les articles 325-7 et 325-8 du règlement général de l'AMF, qui tient compte de vos connaissances, de votre expérience, de votre situation financière et de vos objectifs.
Quels documents faut-il réunir pour un audit patrimonial ?
Les documents nécessaires pour un audit patrimonial couvrent quatre familles : vos revenus, vos placements financiers, votre patrimoine immobilier et votre situation familiale. Réunir ces éléments avant le premier entretien accélère la phase de collecte, mais un dossier incomplet n'empêche pas de démarrer.
| Catégorie | Documents utiles |
|---|---|
| Revenus et fiscalité | Derniers avis d'imposition, bulletins de salaire ou bilans d'entreprise selon votre statut |
| Placements financiers | Relevés de comptes-titres, PEA, assurance-vie, épargne salariale, épargne retraite |
| Patrimoine immobilier | Titres de propriété, tableaux d'amortissement de crédit, avis de taxe foncière |
| Situation familiale | Contrat de mariage ou PACS, jugement de divorce le cas échéant, actes de donation antérieurs |
Pour un dirigeant ou une profession libérale, ce socle s'élargit aux statuts de la société, aux derniers comptes annuels et, le cas échéant, aux contrats de prévoyance ou de retraite souscrits à titre professionnel.
Quels sujets sont abordés lors d'un audit patrimonial ?
Un audit patrimonial couvre cinq domaines : la situation financière, la fiscalité, la protection sociale, l'organisation familiale et la transmission. Chaque domaine est examiné pour lui-même, puis mis en relation avec les autres, car une décision prise dans un domaine a presque toujours une conséquence sur un autre.
Le volet financier fait le point sur vos placements existants : leur répartition, leur niveau de risque et leur adéquation avec vos objectifs et votre horizon de placement. Certains de ces placements, comme un contrat d'assurance-vie en unités de compte, un PEA ou un compte-titres, présentent un risque de perte en capital : ce point est systématiquement examiné dans l'audit, au même titre que leur potentiel de performance. Le niveau de risque varie sensiblement selon la nature des supports détenus au sein de chaque contrat, ce que l'audit permet précisément d'objectiver.
Le volet fiscal recense les dispositifs déjà utilisés et identifie ceux qui pourraient s'appliquer à votre situation, qu'il s'agisse d'un mécanisme de réduction, d'un report ou d'un abattement.
Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et il est susceptible d'être modifié ultérieurement : un dispositif pertinent aujourd'hui peut ne plus l'être après un changement de législation ou de situation personnelle.
L'arbitrage rémunération et dividendes pour un dirigeant TNS
Pour un dirigeant relevant du statut de travailleur non salarié, l'audit patrimonial examine la répartition entre rémunération et dividendes, car ce choix modifie à la fois la fiscalité, les cotisations sociales et la protection sociale personnelle. Ce sujet concerne en particulier les gérants majoritaires de société à l'impôt sur les sociétés et les professions libérales exerçant en société.
La rémunération et les dividendes ne suivent pas le même traitement. La rémunération du dirigeant TNS est soumise aux cotisations sociales du régime des travailleurs indépendants et à l'impôt sur le revenu selon le barème progressif. Les dividendes relèvent par défaut du prélèvement forfaitaire unique, dont le taux global s'élève à 31,4 % en vigueur au moment de la rédaction de cette page (12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026, selon la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026), sauf option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Ce taux résulte de dispositions fiscales et sociales révisées chaque année en loi de finances ou en loi de financement de la sécurité sociale, et peut donc évoluer.
Pour un gérant majoritaire de société à l'impôt sur les sociétés, ce choix se heurte à une règle particulière. La fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant d'associé est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales des travailleurs indépendants, au titre de l'article L. 131-6 du code de la sécurité sociale. Au-delà de ce seuil, les dividendes ne présentent donc plus l'avantage social qu'on leur prête souvent.
Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et il est susceptible d'être modifié ultérieurement, ce seuil et ces taux inclus.
L'audit met ces éléments en regard de votre situation propre : niveau de capital social, besoins de trésorerie de l'entreprise, objectifs de protection sociale et horizon de la décision. Un arbitrage pertinent une année peut cesser de l'être si le capital social évolue ou si la législation change, ce qui justifie de le réexaminer régulièrement plutôt que de le figer une fois pour toutes. Les professions libérales exerçant en société d'exercice libéral relèvent de règles sociales et fiscales spécifiques, distinctes selon la forme de la société et le statut du professionnel, qui appellent une analyse dédiée au cas par cas.
Le volet protection sociale concerne votre couverture en cas d'arrêt de travail, d'invalidité ou de décès, ainsi que votre préparation retraite. Pour un travailleur non salarié ou une profession libérale, ce volet occupe souvent une place plus importante que pour un salarié, du fait d'une couverture obligatoire dont les niveaux peuvent différer sensiblement de ceux d'un salarié selon la profession et la caisse de rattachement. Le niveau de rémunération choisi dans l'arbitrage précédent a d'ailleurs une conséquence directe ici : une rémunération TNS trop comprimée réduit aussi les droits accumulés en matière de retraite et de prévoyance obligatoires.
Le volet familial examine votre régime matrimonial, votre pacte civil de solidarité le cas échéant, et la cohérence de votre organisation avec votre situation actuelle, notamment après un remariage ou une recomposition familiale.
Le volet transmission anticipe la question de la succession : droits applicables, donations déjà réalisées, marges de manœuvre encore disponibles. Certains contrats existants, notamment l'assurance-vie, jouent un rôle particulier dans une stratégie de transmission et de succession, ce que l'audit permet de vérifier au regard de votre situation. Ce volet peut se prolonger par un examen plus approfondi si la succession est votre préoccupation principale.
Audit patrimonial et bilan retraite : quelle différence ?
Un audit patrimonial couvre l'ensemble de votre situation, tandis qu'un bilan retraite se concentre spécifiquement sur votre future pension et les leviers pour l'améliorer. Si votre question porte uniquement sur votre retraite, le bilan retraite répond de façon plus ciblée ; si elle porte sur l'ensemble de votre patrimoine, l'audit patrimonial est la démarche adaptée.
Les deux approches ne s'excluent pas : le volet retraite fait partie intégrante d'un audit patrimonial complet, mais un bilan retraite à part entière permet d'aller plus loin sur ce sujet précis, notamment pour un travailleur non salarié dont les droits sont plus complexes à reconstituer.
Combien de temps dure un audit patrimonial ?
Un audit patrimonial se déroule généralement sur plusieurs semaines, entre le premier entretien de collecte et la remise de la synthèse écrite. Cette durée varie selon le nombre de sujets à traiter et la disponibilité des documents.
Une situation simple, avec peu de placements et une structure familiale stable, peut être traitée plus rapidement qu'une situation impliquant une entreprise, plusieurs biens immobiliers ou une organisation successorale déjà complexe. Le délai précis se fixe lors du premier entretien, une fois le périmètre de la mission défini.
Un point de départ, pas une prestation isolée
L'audit patrimonial n'a d'intérêt que s'il débouche sur une décision ou, au minimum, sur une clarification de votre situation. La synthèse remise à l'issue de l'analyse constitue une base de discussion : elle peut rester sans suite si vous ne souhaitez engager aucune action, ou ouvrir sur un accompagnement dans la durée pour mettre en œuvre les pistes retenues.
Chez Cosedia Patrimoine, cette démarche s'appuie sur une double compétence en gestion de patrimoine et en protection sociale, utile en particulier pour les dirigeants d'entreprise et les professions libérales dont la couverture obligatoire diffère de celle d'un salarié. Pour un premier échange sur votre situation, la page contact permet de prendre rendez-vous.
Sources officielles
- Légifrance — RGAMF, art. 325-12 (II, IV, VI, VII) : version en vigueur depuis le 08/06/2018, consolidée au 07/08/2026.
- Légifrance — RGAMF, art. 325-7 et 325-8 : obligation d'évaluation de l'adéquation du conseil (connaissances, expérience, situation financière, objectifs).
- Légifrance — Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 : loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, art. 12 (relèvement de la CSG sur les revenus du capital, art. L. 136-8 du code de la sécurité sociale).
- Légifrance — Code de la sécurité sociale, art. L. 131-6 : assiette des cotisations sociales des travailleurs indépendants, seuil de réintégration des dividendes de gérant majoritaire.
- AMF — Position-recommandation DOC-2006-23 : questions-réponses relatives au régime applicable aux conseillers en investissements financiers (VF7, 28 septembre 2023).
Sources vérifiées le 7 août 2026.