- La collecte nette des SCPI recule de 7,4 % au deuxième trimestre 2026 sur un an, et plus d'une SCPI sur deux a réduit son acompte, selon l'ASPIM et l'IEIF (5 août 2026).
- Comète et Transitions Europe poursuivent leurs acquisitions sans endettement, quand Iroko Zen réalise la première cession de son histoire, avec une plus-value de 12,2 %.
- Logipierre 3 relève son dividende à 17 € par part sans aucune acquisition, tandis que NEO, exposée à 94 % aux bureaux, voit son occupation reculer à 90,6 %.
Comète et Transitions Europe : deux moteurs qui accélèrent sans dette
Alderan a investi 72,6 millions d'euros sur sept acquisitions au deuxième trimestre, sans recourir à l'endettement. La capitalisation de Comète atteint 786,9 millions d'euros, portée notamment par un actif de bureaux à Covent Garden, à Londres, et une première entrée dans la classe Life Sciences aux Pays-Bas. Le taux d'occupation financier s'établit à 99,6 %, pour un objectif de distribution 2026 de 17,50 € par part, non garanti, selon son bulletin trimestriel.
Arkéa REIM tient un rythme comparable avec Transitions Europe, sur le premier semestre 2026 selon son bulletin semestriel : 1,38 milliard d'euros de capitalisation, portés par 274 millions d'euros de collecte nette et cinq acquisitions pour 144 millions d'euros, à un rendement moyen de 8,07 %. La société de gestion documente une décision rare parmi les gestionnaires de SCPI : l'abandon d'opportunités en Autriche, au cadre jugé incompatible avec les conditions recherchées, au profit d'un renforcement en Pologne et d'une ouverture annoncée en Suisse. Occupation financière à 99 %, endettement nul.
Iroko Zen : la première cession de son histoire
Le fait marquant du trimestre n'est pas un achat mais une vente. Iroko a cédé un commerce à Barcelone pour 2,64 millions d'euros, avec une plus-value de 12,2 %, première cession de l'histoire de la SCPI, selon son bulletin du deuxième trimestre. Elle a poursuivi en parallèle ses acquisitions, avec six opérations pour 149,8 millions d'euros dans quatre pays, dont une entrée en Belgique.
Ce jalon ouvre un second levier de création de valeur, aux côtés de la collecte et des loyers. Le taux d'occupation financier recule cependant à 96,88 %, un chiffre qui n'a rien d'alarmant isolément mais qui mérite désormais d'être suivi trimestre après trimestre.
Remake Live : les achats repartent, la collecte pas encore
Après un premier trimestre presque à l'arrêt, Remake AM a acquis six immeubles pour 80,8 millions d'euros, à un rendement acte en main de 7,82 %. La capitalisation de Remake Live atteint 904 millions d'euros, avec un taux d'occupation financier de 98,93 % et aucune part en attente de retrait, d'après son bulletin du deuxième trimestre.
La collecte nette recule pourtant de 38,6 % sur le trimestre. La reprise des investissements ne s'accompagne donc pas mécaniquement d'un afflux comparable de souscriptions, un décalage qu'un conseil financier aide à resituer dans l'horizon de détention recommandé pour ce type de support, généralement supérieur à huit ans, plutôt que dans l'actualité du seul trimestre.
Logipierre 3 et NEO : deux réponses opposées à l'incertitude
Logipierre 3 n'a réalisé aucune acquisition ce trimestre. Fiducial Gérance précise qu'aucun arbitrage n'est à l'ordre du jour et qu'elle refuse toute opération qui diluerait le rendement, dans un marché des résidences hôtelières jugé dynamique mais concurrentiel. Cette prudence s'accompagne d'une occupation financière au plein, à 100 %, d'un endettement nul et d'un dividende trimestriel porté à 17 € par part, contre 15 € un an plus tôt, d'après le bulletin trimestriel transmis par Fiducial Gérance.
NEO illustre à l'inverse la difficulté du marché des bureaux, qui ne capte plus que 21,5 % de la collecte nationale au premier semestre, contre 70,9 % pour les SCPI diversifiées. Sur un patrimoine composé à 94 % de bureaux et réparti entre la France, les Pays-Bas, l'Espagne et le Royaume-Uni, les derniers chiffres confirmés restent ceux du premier trimestre 2026 : collecte nette nulle, occupation financière en repli à 90,6 %. Son bulletin du deuxième trimestre n'était pas encore publié à la date de rédaction. Novaxia Investissement maintient un objectif de distribution 2026 supérieur à 5 %, non garanti, appuyé sur la gestion locative, de nouvelles opportunités en Espagne, en Allemagne et en Irlande, et un programme de décarbonation.
Une même moyenne de marché recouvre donc des trajectoires opposées : la stabilité choisie d'une SCPI de niche, et l'exposition subie d'un véhicule concentré sur un segment en repli. C'est cette dispersion, à front renversé de la moyenne ASPIM, qui plaide pour une lecture individualisée de chaque bulletin, au regard de votre allocation existante et de vos objectifs, ce qu'un audit patrimonial permet précisément d'objectiver. Le chiffre de collecte nationale cité en introduction est celui de la synthèse ASPIM/IEIF publiée début août.
Trois indicateurs valent d'être suivis dans les prochains bulletins : la stabilité du taux d'occupation financier, l'évolution de la collecte nette rapportée à la taille du véhicule, et le respect des objectifs de distribution annoncés en début d'année. Un écart isolé ne signale rien. Une tendance sur plusieurs trimestres mérite d'être creusée.
Les chiffres cités (collecte, taux d'occupation, rendement, distribution) sont ceux publiés par les sociétés de gestion, par l'ASPIM et par l'IEIF. Ils ne sont pas vérifiés de façon indépendante par Cosedia Patrimoine et peuvent être révisés. L'investissement en SCPI comporte un risque de perte en capital et un risque de liquidité, la revente des parts n'étant pas garantie. Les performances et distributions passées ne préjugent pas des performances futures, et les objectifs de distribution mentionnés n'engagent pas les sociétés de gestion qui les annoncent. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée.