- La suppression totale du forfait social (qui était de 20 %) sur l'intéressement pour les entreprises de moins de 250 salariés réduit le coût d'une prime de près de 30 % pour l'employeur.
- Versées sur un PEE ou un PER Collectif, les primes d'intéressement ou de participation sont exonérées d'impôt sur le revenu — seule la CSG/CRDS de 9,7 % s'applique, contre un gain net inférieur de plus de 65 % pour une prime de salaire classique.
- Une expérimentation de 5 ans impose désormais aux entreprises rentables de 11 à 49 salariés de mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur.
Pour l'entreprise : un levier de performance RH et fiscale
L'épargne salariale est un instrument stratégique pour attirer, motiver et fidéliser les talents. Les sommes versées (participation, intéressement, abondement) sont entièrement déductibles du bénéfice imposable et bénéficient d'une exonération de cotisations sociales patronales, hors CSG/CRDS.
La grande évolution de 2025 est la suppression totale du forfait social — qui était de 20 % — sur les sommes issues de l'intéressement pour les entreprises de moins de 250 salariés. À titre d'exemple, verser une prime de 1 000 € à un salarié coûte environ 1 420 € à une PME via un salaire classique (avec les charges patronales) ; via un accord d'intéressement post-2025, ce coût total tombe à 1 000 €, soit une réduction de près de 30 %.
Pour le salarié : un gain net renforcé
Lorsque les primes d'intéressement ou de participation sont versées sur un plan d'épargne (PEE ou PER Collectif), elles sont totalement exonérées d'impôt sur le revenu et ne sont soumises qu'à la CSG/CRDS de 9,7 %. Pour une prime brute de 1 000 €, un salaire classique laisse environ 546 € nets en poche après cotisations salariales et impôt sur le revenu (pour une tranche marginale de 30 %) ; versée sur un PEE, la même prime laisse environ 903 € nets investis — un gain net disponible pour l'épargne supérieur de plus de 65 %.
Nouveautés 2025 : démocratisation et simplification
Au-delà de la suppression du forfait social, une expérimentation de cinq ans impose aux entreprises rentables de 11 à 49 salariés (bénéfice net fiscal d'au moins 1 % du chiffre d'affaires pendant 3 ans) de mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur : participation, intéressement, prime de partage de la valeur versée sur un plan, ou abondement. En parallèle, l'État simplifie les démarches avec des modèles d'accords-types et des plateformes en ligne comme mon-interessement.urssaf.fr, rendant la mise en place accessible même pour les TPE.
L'intéressement est facultatif et associe les salariés à la performance de l'entreprise via des objectifs clairs. La participation est obligatoire pour les entreprises de 50 salariés et plus et redistribue une partie des bénéfices. Le Plan d'Épargne Entreprise (PEE) bloque les fonds 5 ans, avec de nombreux cas de déblocage anticipé (résidence principale, mariage, naissance du 3ᵉ enfant, rupture du contrat de travail...). Le PER Collectif, dédié à la retraite, offre une sortie en capital ou en rente, avec un déblocage possible pour l'achat de la résidence principale.
L'abondement, versement complémentaire de l'entreprise, peut atteindre jusqu'à 300 % des versements du salarié, avec des plafonds d'exonération élevés — jusqu'à 7 536 € sur le PER Collectif en 2025.
Les taux, plafonds et seuils cités s'appliquent pour l'année 2025 et dépendent de la taille et de la situation fiscale de chaque entreprise.