- Publiée par l'ISO en décembre 2005 et confirmée en 2023, ISO 22222 définit le processus de conseil patrimonial en six étapes et les exigences d'éthique, de compétence et d'expérience du conseiller.
- Avant la mission, le client connaît le mode de rémunération du conseiller, ses conflits d'intérêts connus et la base de conformité qu'il invoque ; pendant la mission, chaque décision, refus compris, reste consignée au suivi.
- La norme est d'application volontaire : elle complète la réglementation d'un CIF sans la remplacer, n'est ni un agrément ni un statut, et ne garantit aucun résultat financier.
Qu'est-ce que la norme ISO 22222 ?
ISO 22222 est une norme internationale qui définit le processus de planification financière personnelle, c'est-à-dire le conseil patrimonial, ainsi que les exigences d'éthique, de compétence et d'expérience applicables à tout conseiller, quel que soit son statut d'emploi. L'ISO l'a publiée en décembre 2005 et confirmée en 2023. Son application est volontaire : elle complète la réglementation d'un CIF sans la remplacer.
Les organismes nationaux de normalisation peuvent l'adopter. Le BSI britannique l'a fait (BS ISO 22222), tout comme le DIN allemand (DIN ISO 22222). Le BSI en présente l'objectif : promouvoir la confiance des consommateurs grâce à un repère convenu à l'échelle internationale. Le texte vise la personne du conseiller, non l'entreprise, même si un conseiller salarié ne peut y répondre sans l'appui de sa structure.
Il ne constitue ni un agrément ni un statut : l'immatriculation à l'ORIAS et l'adhésion à une association agréée par l'AMF demeurent des obligations distinctes pour un CIF.
Que prévoit le processus en six étapes ?
Le processus compte six étapes : établir la relation, recueillir les données et les objectifs du client, analyser sa situation, élaborer le plan, le mettre en œuvre, puis le suivre. Le conseiller peut y revenir autant que nécessaire, et le client peut s'arrêter avant la dernière.
Au début de chaque mission, le conseiller remet par écrit le périmètre du service, ses qualifications, son expérience et la base sur laquelle il revendique sa conformité. La lettre de mission indique le mode de rémunération, les conflits d'intérêts connus, les livrables et leurs délais, la durée, la fréquence des contacts et la confidentialité.
L'analyse aboutit à une évaluation de la situation du client qui relève ses forces et ses vulnérabilités au regard de ses objectifs, puis à un plan de recommandations discuté avec lui. Le suivi prend la forme d'une liste tenue à jour, où chaque recommandation garde la trace de son sort : acceptée, modifiée, achevée, reportée ou rejetée.
Le dossier est conservé selon la loi locale ou, à défaut, pendant cinq ans à compter de la lettre de mission (ou de la fin de la mission, si elle est postérieure). Une procédure documentée traite les réclamations.
Comment un conseiller démontre-t-il sa conformité ?
Par l'une de trois voies : la certification par un tiers indépendant, l'évaluation par une autre partie ou l'auto-évaluation. Le comité technique de la norme recommande la première, confiée à un organisme accrédité selon l'ISO/IEC 17024. Quelle que soit la voie, le conseiller indique au client, par écrit, la base qu'il invoque, les connaissances propres au pays sur lesquelles il a été testé, la date et l'organisme.
Le CFP relève d'un autre référentiel : une certification individuelle dont FPSB détient la marque hors des États-Unis, et qui comptait 236 300 titulaires dans 29 territoires fin 2025, dont la France, l'Italie et le Royaume-Uni. Elle suppose une formation, une expérience (un an supervisé ou trois ans non supervisés), un plan financier, un examen, l'engagement de respecter le code d'éthique et une attestation d'aptitude. Pour la conserver, il faut 30 heures de formation continue tous les deux ans, dont deux au moins sur l'éthique ou les normes de pratique, un renouvellement au moins tous les trois ans et la déclaration des procédures disciplinaires, pénales ou civiles. Chaque territoire peut adapter les exigences du CFP.
Que gagne le client, et qu'est-ce qui n'est pas garanti ?
Le client gagne une relation structurée. Avant de s'engager, il connaît le mode de rémunération du conseiller, ses conflits d'intérêts connus et la base sur laquelle il invoque la norme. Pendant la mission, chaque décision, y compris un refus, reste consignée au suivi.
La norme ne garantit aucun résultat financier : à notre connaissance, aucune étude indépendante n'a mesuré son effet sur la performance des clients, et l'argument reste procédural.
Jean-René Couasnon conduit ses missions dans ce cadre. Pour un dirigeant ou un professionnel libéral dont les décisions patrimoniales s'étalent sur de longues années, la valeur d'un dossier tient à ce qu'on peut y relire : qui a recommandé quoi, contre quelle rémunération, avec quel suivi dans la durée.
Au début de la mission, la présentation écrite du périmètre du service, de ses qualifications, de son expérience et de la base sur laquelle il invoque la norme. Avec la lettre de mission, son mode de rémunération, ses conflits d'intérêts connus, les livrables et leurs délais. Au fil de la mission, la liste à jour de vos recommandations et de leur sort. Un conseiller qui se réclame de la norme doit pouvoir fournir ces trois éléments.
La norme ISO 22222 est d'application volontaire : elle n'est ni un agrément ni un statut, ne remplace aucune obligation réglementaire du conseiller en investissements financiers et ne garantit aucun résultat financier. Les références citées (ISO, BSI, DIN, FPSB, AMF) sont celles publiées à la date de rédaction et peuvent évoluer. Cet article ne constitue pas un conseil personnalisé.