- L'AMF identifie le niveau de valorisation des marchés actions comme un facteur de risque élevé, avec une prime de risque actions tombée à son plus bas historique en juin.
- Une étude du Pôle commun ACPR-AMF du 22 juin chiffre pour la première fois le coût d'entrée moyen des produits structurés en unités de compte à 5,83 %, avec une fourchette de 1,20 % à 13,16 %.
- La collecte nette des SCPI a progressé de 29 % en 2025 (4,6 milliards d'euros), mais le prix de part a reculé de 3,45 % en moyenne sur la période, dans un contexte que l'AMF et l'ASPIM jugent toujours instable.
Des valorisations actions sous tension
Le régulateur identifie le niveau de valorisation des marchés actions comme un facteur de risque élevé pour les douze prochains mois. Les indices américains et asiatiques ont inscrit de nouveaux records fin mai, portés par l'engouement pour la technologie et l'intelligence artificielle, tandis que le CAC 40 restait en repli de 2,7 % sur la même période, pénalisé par le poids du luxe.
Trois signaux structurels retiennent l'attention de l'AMF : un ratio cours/bénéfices du S&P 500 très supérieur à sa tendance longue, une concentration extrême des performances sur un nombre restreint de grandes capitalisations technologiques, et une prime de risque actions tombée à son plus bas historique en juin. Cette dernière donnée signifie que les investisseurs acceptent aujourd'hui de porter un risque actions pour une rémunération marginale, ce qui laisse peu de coussin en cas de retournement.
Pour un contrat en unités de compte fortement exposé aux grandes valeurs américaines, l'enjeu n'est pas l'arbitrage précipité vers le fonds euros, mais la vérification du degré réel de diversification, souvent moins large qu'il n'y paraît derrière un indice mondial.
Produits structurés : un coût enfin mesuré
L'apport le plus concret de ce trimestre pour la clientèle en assurance-vie vient d'une étude du Pôle commun ACPR-AMF publiée le 22 juin, qui objective pour la première fois avec cette précision le coût réel des produits structurés distribués en unités de compte. Sur l'échantillon analysé, le coût d'entrée total moyen s'établit à 5,83 %, avec une fourchette allant de 1,20 % à 13,16 % selon le distributeur et le mode de commercialisation.
L'étude relève par ailleurs que la performance moyenne de ces produits sur 2022-2024 reste inférieure à celle des marchés sous-jacents, conséquence mécanique des frais et de la protection du capital qu'ils intègrent. Ce chiffre ne condamne pas la classe d'actifs : il donne, pour la première fois, un ordre de grandeur opposable pour interroger un produit proposé au regard de son coût total et de l'horizon réel du client.
Rappelons ici, sans confondre les deux sujets, que le rachat d'un contrat d'assurance-vie reste encadré par un délai légal de deux mois à compter de la demande, au-delà duquel les sommes dues produisent intérêt au taux légal majoré (article L. 132-21 du Code des assurances).
SCPI : la collecte repart, la prudence demeure
Le troisième point de vigilance porte sur les fonds immobiliers grand public, que l'AMF désigne explicitement comme « toujours exposés aux fragilités du marché », un constat qui rejoint celui de l'ASPIM sur une amélioration jugée graduelle mais un environnement encore instable.
Les chiffres publiés par l'ASPIM et l'IEIF confirment cette lecture prudente : la collecte nette des SCPI a progressé de 29 % en 2025 pour atteindre 4,6 milliards d'euros, signe d'un regain d'appétit, tandis que le prix de part a reculé en moyenne de 3,45 % sur la même période. Au premier trimestre 2026, sept SCPI avaient suspendu la variabilité de leur capital, et les parts en attente de cession représentaient encore 2,44 milliards d'euros.
La convergence entre le régulateur et la fédération professionnelle du secteur sur ce diagnostic, plutôt rare, mérite d'être soulignée : elle écarte l'hypothèse d'un excès de prudence isolé de l'AMF.
Cette cartographie ne crée aucune règle nouvelle et ne prescrit aucun arbitrage automatique. Elle fournit un matériau de contexte pour réévaluer une allocation à l'approche de la rentrée, notamment sur trois axes : le degré réel de diversification derrière une exposition actions en apparence large, le coût effectif des produits structurés détenus en unités de compte, et la sélectivité nécessaire dans le choix des SCPI compte tenu de la dispersion de performance observée entre véhicules.
Ces données (AMF, Pôle commun ACPR-AMF, ASPIM, IEIF) sont publiées à titre d'information générale sur la période considérée ; les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des résultats futurs. Aucun de ces constats ne vaut recommandation individuelle : la lecture d'un rapport de risques ne remplace pas l'analyse d'un profil, d'un horizon et d'une situation patrimoniale précis.